Il y a des périodes où nos émotions décident de mener la danse. Sans nous demander notre avis, évidemment. Elles débarquent, déplacent les meubles et déclenchent le mode tempête et crise de larmes, puissance 7 Beaufort.
Si tu traverses un deuil, un burn-out ou une période où tout semble trop lourd, tu connais peut-être cette impression : être sur un bateau dont on ne reconnaît plus vraiment la destination.
Alors, comment gérer ses émotions quand elles prennent toute la place ? Et comment l’art-thérapie peut-elle offrir un espace pour les exprimer, les accueillir et retrouver quelques repères ?
Prépare ton ciré et tes bottes, on va parler de tempête. Mais aussi de ce qui peut nous aider à la traverser. Sans te demander de sourire sous la pluie.
Mes émotions, mes démons ? Ou mes garde-fous ?
Je connais bien cette petite bande. Chez moi, ils sont souvent au nombre de quatre :
- La peur, c’est la cheffe de bande. Je m’en méfie, car elle est très rusée ! Elle peut refaire surface tel le kraken sorti des mers, juste au moment où je pensais naviguer tranquillement.
- La colère, jamais très loin, prête à sauter au visage tel un chat en furie.
- La tristesse, au bord du cœur ou des yeux. Celle qu’on voudrait parfois retenir pour ne pas « déranger ».
- Et la culpabilité, cette copine qui a toujours une petite remarque à faire : « Tu devrais avancer », « Tu pourrais faire un effort », « Tu ne vas quand même pas te reposer maintenant ? »
Une bonne bande de copains prêts à nous faire c… à tout moment. Je suis une fille bien élevée.
J’ai longtemps eu envie de m’en débarrasser une fois pour toutes. Faire place nette. Retrouver l’esprit libre et continuer mes projets comme si de rien n’était.
Mais gérer ses émotions ne veut pas dire ne plus rien ressentir. Ni devenir une championne du contrôle avec un sourire impeccable et les mâchoires serrées.
C’est plutôt apprendre à reconnaître ce qui se passe, à lui faire une place supportable et à chercher ce dont on a besoin. Parfois seule. Parfois avec de l’aide.
Et non, cela ne signifie pas que chaque souffrance cache forcément une belle leçon. Certaines épreuves font mal, tout simplement. On n’est pas obligé d’en faire quelque chose de magnifique pour avoir le droit d’être accompagné.
Deuil : comment accueillir ses émotions quand le manque prend toute la place ?
Quand on perd un être cher, le paysage change. Ce qui semblait évident ne l’est plus. Un objet, une chanson, une odeur peuvent faire remonter une vague qu’on n’avait pas vue venir.
Il peut y avoir de la tristesse, de la colère, de la peur, de la culpabilité. Parfois du soulagement, parfois l’impression de ne plus rien ressentir. Et ce mélange peut être difficile à comprendre, encore plus à expliquer.
Il n’y a pas une seule bonne façon de vivre un deuil. Ni un calendrier à respecter pour retrouver le sourire. Rire un jour n’efface pas le manque. Pleurer le lendemain ne signifie pas qu’on retourne à la case départ.
D’autres pertes peuvent aussi bouleverser notre équilibre : une séparation, un projet qui s’arrête, un corps qui change, une vie qu’on imaginait autrement. Ce ne sont pas des expériences identiques, mais elles méritent, elles aussi, d’être entendues.
L’art-thérapie peut proposer un espace pour donner forme à ce qui est difficile à dire. Une couleur pour la colère. Des mots qu’on n’a pas pu prononcer. Un collage pour évoquer un souvenir. Un carnet pour garder une trace et faire une place au lien autrement.
Il ne s’agit pas d’oublier, ni de « passer à autre chose » sur commande. Il s’agit de chercher comment vivre avec ce qui a changé, à ton rythme.
Burn-out : quand on n’a même plus l’énergie de tenir la barre
Il y a aussi des tempêtes où l’on ne se sent pas seulement débordé. On se sent vidé.
Dans un burn-out, l’épuisement peut s’accompagner d’irritabilité, de larmes, de difficultés à se concentrer ou d’une sensation de distance avec ce qu’on ressent. Même les petites choses peuvent sembler demander une énergie immense.
Et là, la culpabilité adore monter sur le pont : « Avant, tu y arrivais bien. » Merci pour cette intervention très utile.
Le burn-out ne se résume pas à une mauvaise gestion des émotions ou à un manque de volonté. Il appelle une prise en charge adaptée, notamment médicale, et une attention aux conditions qui ont contribué à l’épuisement.
On a parfois passé tellement de temps à tenir, à répondre aux attentes et à dépasser ses limites qu’on ne sait plus très bien ce dont on a besoin.
Dans ce contexte, la création accompagnée peut offrir une autre porte d’entrée : déposer la fatigue sur une page, représenter ce qui prend trop de place, explorer ses limites ou retrouver doucement ce qui fait du bien.
Pas pour être de nouveau « performant » le plus vite possible. Pas pour ajouter « réussir mon carnet créatif » à la liste des choses à faire.
Pour une fois, il n’y a rien à réussir.
On peut commencer par un trait. Une image. Trois mots. Et parfois, s’arrêter là.
L’art-thérapie et la gestion des émotions : quand les mots ne suffisent plus
« Mais moi, je ne sais pas dessiner. »
Ça tombe bien : je ne te demande pas de préparer une exposition au Louvre.
L’art-thérapie n’est pas un cours de dessin. Ce qui compte n’est pas de produire quelque chose de beau, mais de pouvoir explorer ce qui se vit en toi grâce à la création.
Le dessin, le collage, l’écriture, les couleurs ou la matière deviennent des supports possibles. Ils peuvent aider à exprimer un ressenti encore flou, à l’observer avec un peu de recul et à mettre des mots dessus, si les mots viennent.
Une page ne fait pas disparaître un deuil. Un collage ne répare pas un burn-out. En revanche, dans un accompagnement ajusté, ces supports peuvent ouvrir un espace pour :
- reconnaître une émotion, sans devoir immédiatement l’expliquer ;
- exprimer ce qui pèse, autrement que par la parole ;
- repérer ses besoins et ses limites ;
- reprendre contact avec ses ressources, à petits pas.
Et je ne vais pas décider que ton dessin rouge signifie forcément ceci ou que ton bateau représente forcément cela. Nous regardons ensemble ce que ta création évoque pour toi. C’est ton histoire, pas mon interprétation.
La différence avec un moment créatif chez soi, c’est aussi le cadre et la présence de l’accompagnante : choisir une proposition adaptée, respecter ton rythme, pouvoir ralentir ou s’arrêter, puis prendre le temps de refermer la séance.
L’objectif n’est pas de provoquer une grosse vague pour « tout faire sortir ». Tu n’as pas à tout raconter, à tout montrer ou à tout traverser d’un coup.
Quelques repères quand les émotions débordent
Je n’ai pas de bouton magique pour mettre la mer sur pause. Mais voici quelques points d’appui, à adapter à ce que tu vis.
1. Nommer la météo intérieure, sans te juger
« Je sens de la colère. » « Je suis triste. » « Là, je ne sais même pas ce que je ressens. »
C’est déjà un début. Tu n’as pas besoin d’un bulletin météo parfaitement rédigé pour reconnaître qu’il pleut.
2. Revenir à quelque chose de concret
Sentir tes pieds au sol, regarder autour de toi, boire un verre d’eau, chercher un endroit un peu plus calme. Choisis ce qui t’aide réellement, sans te forcer à suivre une technique qui ne te convient pas.
3. Déposer un peu, sans ouvrir toutes les vannes
Si tu en as envie, prends une feuille et représente simplement la météo du moment : un trait, une couleur, un mot. Quelques minutes suffisent. Pas besoin de replonger dans un souvenir douloureux ni de chercher une explication.
Si cela augmente ton malaise, arrête. Ferme le carnet, reviens à ton environnement et cherche du soutien si nécessaire. Créer seul ne remplace pas un accompagnement thérapeutique.
4. Chercher le besoin derrière le trop-plein
Du repos ? Une limite à poser ? Une présence ? Un rendez-vous avec un professionnel ?
On ne peut pas toujours répondre à tout immédiatement. Mais reconnaître un besoin, c’est déjà autre chose que se reprocher de ne pas tenir debout dans la tempête.
5. Ne pas rester seul à la barre
Un proche de confiance, un médecin, un psychologue ou un autre professionnel adapté peut devenir un point d’appui. Demander de l’aide, ce n’est pas rater la traversée.
Et si les émotions, l’épuisement ou la détresse rendent le quotidien difficile, prendre contact avec un professionnel de santé est important.
Sur le même bateau, mais sans devoir tout porter seul
Je continue d’apprendre à accueillir ma bande à émotions. Certains jours, je leur ouvre la porte. D’autres, j’aimerais bien changer la serrure.
On reste des humains full option, après tout.
Mais je garde cette idée : mes émotions peuvent faire partie du voyage sans décider seules de toute la destination. Et quand tenir la barre devient trop difficile, j’ai le droit de demander du renfort.
Pas besoin de s’imposer un rythme Vendée Globe quand on aurait surtout besoin d’une escale.
Un accompagnement en art-thérapie à Mons, Hyon et Sirault
Si tu traverses un deuil, un burn-out ou une période où les émotions prennent beaucoup de place, je te propose un espace pour déposer ce qui pèse, explorer autrement et avancer à ton rythme.
J’accompagne en individuel à Hyon, dans la région de Mons, et à Sirault. Des propositions en groupe, comme le Carnet de deuil ou le Journal créatif du burn-out, permettent aussi de cheminer avec la création comme support.
L’art-thérapie est un accompagnement complémentaire : elle ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire. Nous prenons le temps de voir si ce cadre correspond à tes besoins.
Tu peux m’écrire à theresemarierossi@gmail.com pour poser tes questions et en parler ensemble.
Le ciré, les bottes, le carnet… on verra ce qu’il faut emporter. Mais tu n’as pas à embarquer sans soutien.
Thérèse-Marie


